L’intermittence en “mouvement”?

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croixLa question même du débat en interne pour discuter d’un mouvement est une question centrale…

Compil d’échanges sur la liste Annexistants Midi-Pyrénnées le 7/8/2014

4 intervenant-e-s

P , A (c’est moi 🙂 , S et Ph

P :
**/**, mais il me manque de plus en plus un vrai ( et constant ) espace de débat dans notre mouvement. À propos de nos positions, et de notre situation : qu’est ce qu’une coordination, qu’est ce qu’un parti, un syndicat ? Pourquoi les autres et pas nous ?
Qu’est ce que la représentativité ?
Pourquoi dézinguons nous cette notion ?
Pour des histoires d’ego ?
Pour de vraies raisons politiques ?
Et où se structurent elles, ces ” vraies raisons ” ?
Dans des assemblées dont nous ne pouvons reconnaitre les membres autrement que par co-optation et recommandations personnelles ?
Ça marche éventuellement pour de tout petits secteurs, aprés on doit se poser la question de la délégation de pouvoir, de synthése, de motions ( à défendre devant d’autres assemblées que les nôtres ), non ?
On sait faire autrement ?
Non, vraiment, se satisfaire de pures réactions ne suffit pas, à mon sens.
Et refuser, à ce titre, de participer à des “tables rondes” ou “réunions de concertation ” sous prétexte de ” on s’est déjà fait baiser la gueule” ne conduit à rien, sinon la satisfaction d’avoir exprimé son mécontentement entre soi et soi.
Ce qui ne me parait pas suffisant …
Alors, on les lance, ces débats ?
On prend rendez vous en Septembre ?
En continuant à foutre notre bordel, ça va sans dire, je suis d’accord.
Mais j’ai perso une certaine rancoeur face à cette forme de chantage qui est : tu dis que tu es avec les précaires, je me déclare ( et je le suis ) précaire, donc tu dois te solidariser avec mon attitude, quelle qu’elle soit. Et mon discours avec… Quel qu’il soit…
Désolé, S, je déborde largement d’une réponse à ton post, j’extrapole, c’est sûr, et pas grand chose de tout ça ne t’est destiné. Donc, rien de perso, mais il est temps de revenir aux fondamentaux ?
Ou ça gonfle ?
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A :
Salut P !

Tu poses les questions essentielles, et j’attends avec impatience que d’autres reprennent ce que tu dis….
Perso j’aimerais (en tant qu’ex intermittent et retraité précaire) qu’on essaye en petit comité, d’affûter l’argumentation autour tout simplement de la démocratie interne et de tout ce qui en découle…

J’ai très peur qu’on soit ultra minoritaire
Il y a ça qui est intéressant
http://nous-critiquons.tumblr.com/

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S :
c’est bien pour cela que oui en effet il faut savoir s’écouter, se parler regulierement, et ne pas se juger ,et se critiquer dans notre ensemble ..
je sais que c’est difficile cela car c’est humain mais si tout ce passe dans l’humilité, nous y arriverons sûrement avec de la patience…

Avec espoir oui continuons à avancer
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A :
je crois que tu n’as pas très bien compris ce que Philippe évoquait…
Bien sûr que:
“il faut savoir s’écouter, se parler régulièrement, et ne pas se juger ,et se critiquer dans notre ensemble ..”
C’est indispensable, mais ce n’est pas suffisant, et c’est là que ça pose problème…
La question qui est posée c’est:
Quelle forme d’organisation on se donne ?
Qui décide de quoi ?
Selon quels principes sont prises les décisions ?
Etc…

Dans l’urgence ces questions-là sont mises en attentes.. Mais il y a un moment, ou si on veut tenir il faut se les poser… non seulement les poser les discuter, mais ne jamais cesser d’y veiller…

Je pense que ces questions devraient être au centre du dispositif de lutte….

Mais ça demande que plein de gens en soient convaincus… et là, j’ai comme un doute 🙂 🙂
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S.
Oui je sais tout cela car c’est ce que je pense depuis le début…
Une organisation de fond doit se mettre en place oui mais elle se prépare doucement aussi en même tps il faut savoir motiver les troupes et cela c’est pas tjs évident…
C’est pour cela que je dis, avec de la patience, et le reste que j’ai évoqué, nous devrions y arriver…
Mais c’est normal que le doute s’installe aussi, car parfois des choses sont décidées aussi sans l’avis de tous et cela oui je le confirme c’est gênant!
Donc continuons encore à se voir et à discuter pour s’organiser et fonder sur de nouveau principe de fonctionnement…
Même si le chemin est long et même si nous sommes peu à penser tout cela, il suffit de ne pas perdre espoir et le mouvement se fera et, espérons le, motivera le reste du “monde”..
En tout cas je le souhaite
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Ph
Bonjour MP,

les questions que pose P. sont peut-être d’autant plus importantes que le mouvement est reparti sur une lutte longue, d’une part. D’autre part il me semble que la “proposition politique” des CIP (en gros, le chomdu pour tout le monde dans des conditions décentes, à partir de zéro heures travaillée) est, sera, va être l’une des seules propositions d’utopie réalisable à court terme si jamais le rapport de force pouvait s’inverser… Dans ce contexte de la trahison généralisée des projets politiques de gauche, c’est un support de lutte et de convergence des luttes qui me semble majeur.

Si nous voulons faire avancer ces propositions, sur le plan politique et dans la tête des gens, il va nous falloir poser toutes ces questions. Comment faire émerger un/des projets politiques dans une situation où presque tous les relais possibles sont plus ou moins disqualifiés ? Peut-on faire émerger un projet politique sans relais ? Comment, concrètement ?

Dans ce contexte, les questions de radicalité, de délégation, de formes d’organisation (en maintenant la souplesse du mouvement) sont des interrogations cruciales si nous voulons quitter le domaine de l’incantation et de l’entre-soi. Dans une situation où tout est permis, mais rien n’est possible, où l’extrême des opinions tient parfois lieu de perspectives de pratique, je ne suis pas sûr que tout le monde veuille assumer les risques nécessaires qui découlent de modes de pensée ouverte… En ce sens, avoir eu le courage de participer à la concertation avec la commission Gille et consorts est peut-être un exemple de pratique plus radicale et difficile que d’avoir été se faire un supermarché dans des conditions très discutables lors de la coord d’Avignon. Et je n’ai rien évidemment sur le principe d’une telle opération, bien sûr, ce n’est pas cela que je critique…

Je ne suis sûr que d’une chose : même si je n’ai pas l’ombre d’une proposition concrète dans le sens où je propose de réfléchir, je suis sûr, en revanche, que l’invention de nouvelles pistes de travail politique ne pourra être le fait que d’une élaboration collective… dont nous manquons douloureusement, il me semble.
Avec en plus une vision qui soit quelque peu à long terme, avec une droite revenue au pouvoir en 2017, voire un petit passage avec les guignols du FN, ce qui va bien nous obliger, si tel est le cas, à nous reposer toutes les questions dont nous parlions plus haut… A moins que nous n’ayons monté un rapport de force imparable d’ici là, ce qui n’est pas fait.

Solidarité et gros rouge,
Ph
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